DUSMINGUET: “POSTROF”
EN ÉCLAIRANT L’UNIVERS DES POSTROF
Oui, on pourrait penser que les Postrof appartiennent
à une famille de russes blanches qui s’est enfuie après la
révolution bolchévique et s’est installée en Catalogne
où on leur avait dit qu'il y avait beaucoup de Polonais. Là,
ils ont commencé avec une affaire de recherche d’eaux souterraines
en utilisant leurs talents de sourciers.
Ils ont eu trois enfants, mais personne n’a étudié
l’architecture. L’un d’eux, Grigori Postrof, est retourné en Russie
où il faisait partie de la Division Bleue, ce qui ne lui a pas empêché
de recevoir la médaille du Héros de l’Union Soviétique
par le siège de Stalingrad. Mais les historiens ne savent pas si
Grigori a été chez les assiégés ou chez les
assiégeants. Ensuite, il est revenu en Catalogne où, grâce
à ses compétences financières, il a repris l’entreprise
paternelle de recherche de débits souterrains. Plus tard, il a monté
une affaire de « caganers », figurines, en position d’excréter
que les catalans installent dans leurs crèches de Noël. Puis
il se marie mais divorce. Ses parents et ses frères ont péri
dans un accident : la maison familiale a brûlé et tous ont
confondu la porte d’une armoire avec la porte de sortie. Enfin il s’est
installé à La Garriga, ville à laquelle il a donné
toute sa fortune puisqu’il est mort sans enfants ni femme. Sur l’avenue
principale de cette belle ville reste encore aujourd’hui une statue équestre
en son honneur.
Oui, tout ceci pourrait être vrai, mais, ce n’est pas le cas. C’est le fruit de l’imagination parce que « Postrof » est un mot inventé tout comme « Vafalungo », le titre du premier album de Dusminguet. Donc comme on ne peut pas faire passer cette histoire pour la biographie de « Postrof », nom de son deuxième album, on essaiera d’éclairer l’Univers Dusminguet…
On commencera en niant :
Ce ne sont pas des métis.
Bon, du moins pas dans le dernier sens du terme.
C’est un mot que a perdu toute sa signification parce qu’il est trop utilisé
de manière inadéquate et gratuite. Ok, le groupe est formé
par des autoctones de La Garriga (Barcelone) avec : un argentin, un natif
de Vallecas et un autre de France ; mais je répète, ce ne
sont pas des métis ! Bon, peut être qu’ils sont un peu métis,
car qui peut assurer que, parmi ses aïeux, il n’y avait pas un Arabe,
un Grec, un Goth ou un Phénicien venu faire un tour et ayant
fini en payant des hypothèques entourées de gosses ?
Ce n’est pas une ONG.
Ils ne sont pas ici pour racheter le monde de
ses peines, ils en ont assez avec les leurs. Ils ne sont pas Prétentieux
sans Glamour ou « Percherones sin Tiro ». C’est un groupe de
musique populaire qui peut aider à ce que la vie soit plus supportable.
Ce sont des Musiciens avec Espoir.
Ils ne sont pas cool.
Ce ne sont pas des gars prétentieux et
antipathiques, égoïstes et imbus de leur personne. Ce que je
veux dire, c’est qu’ils n’apparaissent pas sur toutes les photos de la
lutte contre le service militaire ?c’est fini, n’est pas ?-, l’appui aux
squatters ou la légalisation du cannabis. D’autre part, ces sont
des sujets sur lesquels ils ont une opinion bien fondée, d’accord
mais avec un sens commun qui appuie le premier et repousse le deuxième
et le troisième. Mais, s’il vous plaît, ne les appelez pas
cool, laissez cela aux papas qui offrent encore à leurs enfants
un disque de Bon Jovi tout en croyant que cela est très moderne.
Lui et Bon Jovi !!!
Ils ne sont pas nouveaux dans le milieu.
Il y a six ans qu’ils sont dans la musique. Au
début, en tant qu’amateurs puis, comme des amateurs avec un disque
et, à présent, comme des musiciens qui proposent un deuxième
disque pour trouver des interlocuteurs.
Oui, ce n’est pas Mano Negra.
Ils sont capables d’être amis avec Roberto
Carlos et n’être pas des brutes en tirant un coup de pied de pénalité.
Oui, c’est vrai que leur style est un mélange de styles, mais Kip
Hanrahan le fait aussi et je crois qu’il n’a jamais demandé la permission
à Manu Chao. C’est-à-dire que, si vous voulez leur poser
une question plus évidente que la faiblesse intellectuelle de Padre
Apeles, vous pouvez mentionner la Mano Negra.
Jusqu’ici que des négations. On poursuivra par des affirmations sur l’Univers Dusminguet.
Ce sont des villageois (ruraux).
Ils viennent de La Garriga, une ville qui vaut
la peine d’être visitée pour ses maisons modernistes que les
bourgeois avaient fait bâtir, il y a des années, et pour la
statue équestre de Postrof ! Dans cette ville, le groupe a commencé
son chemin dans le local d’une vielle usine d’eau surveillée par
un arabe qui aimait beaucoup le « jamón ibérico »
(jambon cru) et le bon vin. C’était le portier de ce curieux local
de répétitions. Il était, lui, métisse.
Ils sont polyglottes.
Du moins, dans leurs disques, où ils utilisent
différentes langues : arabe, français, espagnol, catalan.
Mais ça, ce n’est rien ! Le mieux c’est que leurs intentions sont
compréhensibles quelle que soit la langue utilisée. Ça
c’est vraiment significatif, puisque les langues sont plus des ponts que
des barrières.
Ils sont curieux.
Ils sont loin du cliché que les moyens
de communication s’obstinent à démontrer. C’est-à-dire
:
- Les Blacks qui s’exclament devant des danseuses
noires à vous couper le souffle : elles se remuent comme si elles
voulaient mettre en rut un régiment d’eunuques.
- Les Latins/Latines qui ne parlent qu’anglais
ou utilisent des partitions musicales anglo-saxonnes en essayant de faire
les play-boys.
- Les Rockers qui ont une coiffure à la
Rockabilly, avec une banane sur la tête.
- Les chanteurs qui ont l’intention de sauver
le monde qu’ils ennuient avec ses problèmes.
- Les Heavy metals avec leurs sweat-shirts.
- Les Pop-stars habillées comme des concierges
de la station MIR.
Non, ces gars se sont laissés séduire par la musique populaire que leurs parents écoutaient, que leurs grand-parents chantaient et que leurs arrière-grand-parents composaient. Les leurs sont celles de tout le monde : arrière-grand-parents, grand-parents et parents d’Amérique latine, d’Espagne, de France ou du Maroc. Ils ont grandi avec la musique de la rue, née près de la mer, musique qui a un peu de salpêtre. Ces gars de La Garriga ont remarqué cela. La curiosité est une vertu impayable.
Ils sont populaires.
Ils ont aidé la musique populaire à
devenir un style, plus loin que l’anthropologie musicale. Aujourd’hui,
la musique populaire n’intéresse pas seulement les plus vieux, mais
elle peut être le langage de tout le monde, grâce à
des groupes comme Dusminguet, entre autres.
Ils sont imaginatifs.
Ils ont trouvé dans la polyrythmie de leurs
disques la clé qui ouvre toutes les danses. Leur musique est une
fête qui a un goût de cumbia, de reggae impur, de rumba, des
airs du Riff, de merengue, de ragga… Dans un monde où certains réclament
un passeport, les Dusminguet n’utilisent pas de papiers, bien que leur
musique soit de partout.
Voici donc quelques clefs de l’Univers Dusminguet,
un espace ouvert dont le sauf-conduit s’appelle « Postrof ».
Il a été enregistré à ChefChaouen, au nord
du Maroc, et dans chacune de ses dix-huit pages, on ouvre un coffre de
vitalité qui est né dans une chambre insonorisée par
des tapis marocains. Des garçons villageois qui ont enregistré,
dans un village du riff, de la musique populaire pour un monde de plus
en plus petit. Et on l’espère de plus en plus varié.
Cela s’appelle être cosmopolite, tel est
l’Univers Dusminguet montré dans « Postrof », un russe
blanc qui s’est enfui…
LUIS HIDALGO (Journaliste)
POSTROF. LE MONDE À
L'ENVERS.
C'est en arrivant aux domaines de Vafalungo qu'ils
ont aperçu le phare chansonnier, et derrière, la ville emmurée
qui grimpait comme un lierre par
le coteau, en regardant la mer. Et alors ils sont
entrés dans Postrof.
Doucement, très doucement, ils ont vu le
grand miroir de la mer où Postrof se réflète entièrement,
et c'est pour cela, parce que les uns regardaient
le reflet des autres, que les gens de Postrof
faisaient le contraire les uns des autres. À Postrof il y des gens
qui écrivent de droite à gauche et aussi des gens qui le
font en sens contraire, il y a des voleurs volés et abdiqués;
des gens qui voient les fenêtres rondes des gens qui les voient carrées,
des types qui naviguent en terre et d'autres qui s'enterrent dans
la mer. A Postrof on peut aussi y trouver des gens qui vivent a l'heure
nouvelle et d'autres qui le font à l'heure ancienne, et, en trouvant
chacun la sienne il y a qui trouve l'heure courante et qui vit sans jamais
ne rencontrer l'autre.
Doucement, très doucement, fenêtre à fenêtre, ils sont arrivés en haut de la colline et, laissant la mer, avec Postrof à leurs pieds, derrière eux, ils ont observé, à l'intérieur du pays, le grand désert des hlm.
En descendant, déjà, et par curiosité, ils ont décidé ce que les vieux disposaient. A fin de povoir regarder le jour dans la nuit ils n'ont pas dormi pendant un jour et une nuit, pour ainsi vivre le rêve, et, en pêchant les chansons de chaque heure et de chaque coin, remplir de non-sens les livres.
"Embolica que fa fort", disent-ils.
Un vérible embrouillement
JOAN GARRIGA (Accordéon et voix Dusminguet)
SON DEL CAMPESINO “EL MUNDO
AL REVÉS” ¿que no ves?....
“Había nacido en un mundo sosegado por las
influencias de DUSMINGUET. Nació un 6 de marzo hacia las 23.00h
en “El mundo al revés”. Sus abuelos
eran de Vafalungo, sus padres de Postrof; dentro
todo en calma, fuera todo caos. Decidió crear una guerrilla urbana
y profetizar la salvación. Dicen que
jamás opinaba en público y sólo
se guarda de él el recuerdo de su final. Como toda persona venerada,
su aura creó escuela y la historia de su mundo
comenzó a cambiar. Viajó hasta el
planeta nº 3 de la galaxia nº 6319-78. Planeta felpado con musgo
verde, empapado de jugos tropicales; al fondo un
faro, una luz, un calor, una esperanza... Esa
misma noche, allá a lo lejos, brilló por primera vez la estrella
nº C-46, pero en esa época nadie creyó lo que
contaba. Hizo una gira por los países del primer mundo, patrocinado
por las marcas más desconocidas del mercado y con ello se subvencionó
otra por el tercer mundo, con el grito al cielo. Buscado en toda
su galaxia, empezó a enviar mensajes a los diplomáticos más
influyentes del mundo, en aquel entonces débil y patas arriba. Su
afán de música lo llevó hasta el planeta Soul Food.
Planeta de energías bailables y ritmos despiadados. A los tres
meses viajó hasta el planeta Adarve donde
no pudo descansar ni un minuto; era el país de la música
rockera. Allí el sonido no paraba, insistente las 24
horas del día. Pasados cinco meses emprendió
el vuelo hasta el planeta Dstivie & Katai donde reposó sus energías
y se aposentó en el planeta de la
estepa estopa para escribir sus memorias virtuales
entre monos babuinos y reggae tropical. Así saltó al vacío
un 11 de septiembre, diada catalana,
dejando un manual de vuelo o diario en formato
digital. Viajó a través del negro vacío cinco veces
más rápido que la velocidad de la luz. Era la
descomposición del tiempo: se había
parado... Ése sería el único día que pudo detener
su mundo. Ése que va por ahí saltando y gritando, danzando
y
brincando al ritmo del Big Ben y la Sagrada Polla;
como su mundo, mal entendido por todos los sin alma, imaginario y
vulgar, inmerso en la
contradicción, tan grande como él
mismo, “El mundo al revés”. Dicen que los clubes de Japón
lo saben, y su espectro cruza y retumba en las cabinas.
Dicen que en ese mundo se fuma de día y
se bebe de noche, que la luna aparece al amanecer y el sol al atardecer.
Dicen que en ese mundo la gente
tiene miedo de no saber, de no entender, pero
que las pequeñas cosas son las importantes. Ahí queda ese
manual de DUSMINGUET y ese SON DEL
CAMPESINO remix.
MOSCATI et MARTÍ SHOWARMA (Batterie
et voix Dusminguet)